Mercredi 25 juillet 2007
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Violences conjugales: 80 appels de détresse par jour au 3919 !!
PARIS (AFP) - Le centre d'appel national pour les femmes battues mis en place il y a quatre mois par le gouvernement reçoit 80 appels en moyenne par jour, illustrant le besoin d'aide face aux
violences conjugales, dont meurent une femme tous les trois jours, selon les chiffres officiels.
Lancé à grand renfort d'une campagne de communication télévisée le 14 mars, le standard du 3919 avait d'ailleurs "explosé" dès le premier jour, avec plus de 800 appels en une seule journée.
Depuis, les écoutantes de "Violence conjugale Info", géré par la fédération nationale solidarité femmes, ont reçu au total 7.446 appels, soit en moyenne 80 appels par jour, selon les chiffres du
ministère du Travail et de la Solidarité publiés mercredi.
En 2006, 168 personnes (dont 137 femmes) sont décédées en France sous les coups de leur compagnon ou compagne, soit une femme tous les trois jours, selon les chiffres de la Délégation aux
victimes, rattachée à la Direction générale de la police nationale.
Un gros travail d'organisation et d'accompagnement des victimes est en cours, et ce 3919, c'est le point de départ", a déclaré mercredi sur Europe 1 Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la Solidarité, "c'est par ce biais là qu'on peut recueillir les
témoignages, écouter les femmes, les encourager à s'exprimer et à être accompagnées dans leurs difficultés".
L'objectif est de "rappeler que ce numéro doit s'inscrire dans tous les esprits, et qu'il s'adresse non seulement aux femmes victimes de violences, mais aussi aux personnes souhaitant alerter sur
des situations dans leur entourage", a souligné Mme Létard.
"Le 3919 a certes amélioré le dispositif d'écoute anonyme et d'information des femmes, mais on est toujours aussi démunis en lieux d'accueils et d'hébergements d'urgences pour les femmes et leurs
enfants", a toutefois indiqué à l'AFP Marie Bellanger, responsable de Violences conjugales Info.
"En 2006, 4.500 femmes ont été hébergées, mais il faudrait au minimum cinq fois plus de place", a-t-elle souligné.
"On demande également qu'il y ait une cohérence entre les procédures civiles, c'est-à-dire divorces, droits de garde et visites, et les procédures pénales de sanction en cas de violence", a
ajouté Mme Bellanger, en rappelant le cas de l'association dunkerquoise Sedire, assignée en justice pour avoir hébergé, à l'insu de son mari, une femme victime de violences conjugales et ses
enfants.
"Les associations sont prises entre deux feux, entre mettre à l'abri des femmes, et un juge qui ordonne un droit de visite (du conjoint, ndlr) sans tenir compte de la violence que la femme ou les
enfants ont pu subir", a-t-elle déploré.